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Groupe interparlementaire Canada-États-Unis

Rapport

Du 17 au 19 mars 2026, l’honorable sénateur Michael L. MacDonald et le député Richard Bragdon, co-présidents de la Section canadienne du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis (GIP) ont mené une délégation à Washington (D.C.) pour rencontrer des représentants ainsi que des sénateurs américains. Faisaient également partie de la délégation les honorables sénateurs Mohammad Khair Al Zaibak et Raymonde Saint-Germain, les honorables députés Ali Ehsassi et Ahmed Hussen, et les députés Lisa Hepfner, Melissa Lantsman et Simon-Pierre Savard-Tremblay. Alison Brown, secrétaire de l’association, et Sarah Lemelin-Bellerose et Robert Mason, conseillers à la Bibliothèque du Parlement, accompagnaient la délégation.

LES OBJECTIFS DU GROUPE INTERPARLEMENTAIRE CANADA-ÉTATS-UNIS

Créé il y a près de six décennies, le Groupe vise quatre principaux objectifs : trouver les points de convergence dans les politiques nationales des deux pays; instaurer un dialogue sur les points de divergence; favoriser les échanges d’information; et promouvoir une meilleure compréhension entre les parlementaires canadiens et américains sur des questions d’intérêt commun.

Les membres de la Section canadienne du Groupe poursuivent leurs objectifs principalement en rencontrant leurs homologues du Congrès à Washington (D.C.) ou à Ottawa et, à l’occasion, ailleurs au Canada ou aux États-Unis. Ils le font aussi en assurant la liaison avec les législateurs d’États américains lors de conférences nationales et régionales un peu partout aux États-Unis et, parfois, au Canada.

APERÇU DE LA MISSION À WASHINGTON

Les réunions au Congrès américain permettent aux membres de la Section canadienne de s’entretenir avec des législateurs fédéraux aux États-Unis, de les sensibiliser aux enjeux majeurs entraînant des répercussions tant au Canada qu’aux États-Unis, et de solliciter leur appui. En janvier 2026, la Section canadienne s’est rendue à Washington pour participer au Sommet sur les transports transfrontaliers organisé par la « Future Borders Coalition » et pour rencontrer des membres du Congrès. La visite de mars 2026 constituait ainsi une occasion stratégique de consolider les liens établis en janvier avec diverses parties prenantes, notamment des membres du Congrès américain, des représentants de l’ambassade du Canada à Washington et d’autres acteurs de la relation canado-américaine, tout en élargissant ce réseau à d’autres membres du Congrès. Cette visite revêtait une importance particulière dans le contexte économique et politique actuel, en particulier à l’approche de l’examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Visite de représentants du Congrès

La délégation a entamé sa visite par une rencontre avec le nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis, Mark D. Wiseman, suivi d’une séance d’information à l’ambassade du Canada à Washington, afin de prendre le pouls de la situation dans la capitale américaine, tant de façon générale qu’en ce qui concerne les enjeux liés à la relation canado-américaine.

Les délégués ont ensuite tenu, sur deux jours, plus de 20 rencontres avec des sénateurs et des représentants, tant républicains que démocrates. Ces échanges ont porté sur plusieurs thèmes, notamment l’examen à venir de l’ACEUM, les droits de douane américains, les irritants bilatéraux et les possibilités de collaboration dans le contexte actuel. Les membres du Congrès ont soulevé plusieurs enjeux auprès des délégués de la Section canadienne, dont les suivants:

  • Les membres du Congrès ont réitéré leur appui à la relation canado-américaine et ont rappelé son importance économique et sociale, malgré les tensions actuelles.
  • Ils ont exprimé des points de vue variés sur les droits de douane américains, certains soulignant que leurs commettants comprennent généralement les répercussions de ces mesures, surtout lorsqu’ils en subissent directement les effets. Par exemple, certains ont mentionné les préoccupations soulevées par les constructeurs automobiles dans leur circonscription.
  • Certains ont mis en lumière des mesures canadiennes perçues comme des irritants aux États-Unis, notamment la Loi sur la diffusion continue en ligne, la gestion de l'offre dans le secteur des produits laitiers, et l’interdiction de la vente d’alcool américain dans certaines provinces. Une représentante a d’ailleurs indiqué que la situation actuelle est particulièrement difficile pour les producteurs de vin de son district.
  • Certains ont fait valoir qu’une grande partie du commerce de marchandises entre les deux pays est couverte par l’ACEUM, ce qui atténuerait les effets des nouveaux droits de douane américains sur l’économie canadienne. Des délégués canadiens ont toutefois souligné que ces droits ont malgré tout des conséquences importantes pour certains secteurs, notamment celui de l’acier.
  • Plusieurs ont estimé qu’une approche de production nord-américaine pour de nombreux biens serait souhaitable afin de réduire la dépendance à certains marchés étrangers, notamment la Chine.
  • Une représentante a noté que le climat actuel de la relation complique les discussions visant à régler des irritants de longue date, notamment ceux liés au bois d’œuvre.
  • Certains ont rappelé que les élus américains doivent composer simultanément avec de nombreux enjeux intérieurs et internationaux, ce qui limite leur capacité à se concentrer sur certaines questions ciblées, comme la relation avec le Canada.
  • Le climat actuel de la relation canado-américaine a également des répercussions importantes sur l’industrie du tourisme. À titre d’exemple, Las Vegas, dont l’économie repose en partie sur le tourisme, notamment pour les conférences, ressent déjà les effets de la décision de nombreuses entreprises canadiennes de ne plus y organiser leurs événements. Certains membres du Congrès ont noté des défis semblables dans les États frontaliers ainsi qu’en Floride.
  • Certains ont parlé en termes positifs de la coopération harmonieuse entre le Canada et les États-Unis en matière d’investissements dans la sécurité de l’Arctique, de NORAD et d’autres volets du partenariat en matière de sécurité. D’ailleurs, un représentant a souligné qu’il est crucial que les systèmes de défense en Amérique du Nord soient interopérables.
  • Ils ont formulé des commentaires positifs au sujet des efforts déployés par le Canada au cours de la dernière année pour renforcer la sécurité de sa frontière terrestre avec les États-Unis. Selon eux, le passage illégal de personnes et de certaines marchandises a diminué et ne constitue plus un enjeu central dans la relation canado-américaine.
  • Selon certains membres du Congrès, les élections de mi-mandat à venir pourraient significativement changer la situation politique. Selon eux, si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre des représentants et/ou même du Sénat, ceci pourrait leur permettre de restreindre certaines actions du président américain.

Autres activités

En plus des rencontres au Congrès, la Section canadienne a participé à une table ronde avec des membres du Canadian American Business Council et à une discussion avec des chercheurs à l’Institut Brookings. Les échanges ont porté principalement sur l’examen à venir de l’ACEUM, dans le but de mieux cerner les questions commerciales et non commerciales encore en suspens qui pourraient être soulevées de part et d’autre dans le cadre de cet examen. Ils ont aussi porté sur l’évolution des points de vue à l’égard du libre-échange parmi les membres du Congrès et au sein de l’administration américaine.

La délégation a également rencontré les 12 consuls généraux du Canada aux États-Unis, qui représentent les intérêts du Canada dans chacune des régions du pays. Cette rencontre a permis d’aborder les exemples de collaboration passés, de faire le point sur les priorités régionales et d’examiner les possibilités de renforcer l’engagement régional de la Section canadienne du Groupe à l’avenir.

CONCLUSION

La Section canadienne du Groupe s’est encore une fois rendue à Washington à un moment critique pour la relation entre le Canada et les États-Unis. Dans un contexte d’instabilité mondiale croissante et d’incertitude commerciale et économique touchant les deux pays, les délégués canadiens ont rappelé aux représentants américains rencontrés l’importance de ce partenariat, tant pour leurs économies respectives que pour la sécurité de l’Amérique du Nord. Ils ont souligné que, dans un environnement international volatil, la coopération entre le Canada et les États-Unis demeure cruciale, qu’il s’agisse de commerce, de défense ou de sécurité.

Dépenses de déplacement

Les dépenses de déplacement associées à cette activité se retrouvent dans le rapport financier de délégation. Ce rapport est disponible dans la section de divulgation financière du site Web de la Diplomatie parlementaire.



Respectueusement soumis,




L’hon. Michael L. MacDonald, sénateurRichard Bragdon, député
Coprésident,Coprésident,
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