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Groupe interparlementaire Canada-États-Unis

Rapport

Les 21 et 22 janvier 2026, l’honorable sénateur Michael L. MacDonald et le député Richard Bragdon, co-présidents de la Section canadienne du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis (GIP) ont mené une délégation à Washington (D.C.), afin de participer au Sommet sur les transports transfrontaliers organisé par la « Future Borders Coalition » (FBC). En plus des co-présidents, la délégation était composée de la sénatrice Marty Deacon et des députés Lisa Hepfner et Simon-Pierre Savard-Tremblay. Alison Brown, secrétaire de l’association, et Sarah Lemelin-Bellerose, conseillère à la Bibliothèque du Parlement, accompagnaient la délégation.

LES OBJECTIFS DU GROUPE INTERPARLEMENTAIRE CANADA-ÉTATS-UNIS

Créé il y a près de six décennies, le Groupe vise quatre principaux objectifs : trouver les points de convergence dans les politiques nationales des deux pays; instaurer un dialogue sur les points de divergence; favoriser les échanges d’information; et promouvoir une meilleure compréhension entre les parlementaires canadiens et américains sur des questions d’intérêt commun. Les membres de la Section canadienne du Groupe poursuivent leurs objectifs principalement en rencontrant leurs homologues du Congrès à Washington (D.C.) ou à Ottawa et, à l’occasion, ailleurs au Canada ou aux États-Unis. Ils le font aussi en assurant la liaison avec les gouverneurs et les législateurs d’États américains lors de conférences nationales et régionales un peu partout aux États-Unis et, parfois, au Canada.

ACTIVITÉS DURANT LA MISSION À WASHINGTON

L’objectif principal de la visite de la Section canadienne du Groupe à Washington était de participer au Sommet sur les transports transfrontaliers organisé par la FBC, un regroupement binational d’organisations canado-américaines qui travaillent pour améliorer l’efficacité et la sécurité de la frontière entre les deux pays.

Au-delà de la participation à cette conférence, cette visite constituait une occasion stratégique de renforcer et d’élargir les points de contact avec diverses parties prenantes clés, notamment des membres du Congrès américain, des représentants de l’ambassade du Canada à Washington et d’autres acteurs engagés dans la relation canado-américaine. Ces échanges s’inscrivaient dans la préparation de la mission au Congrès de la Section canadienne prévue en mars 2026, et revêtaient une importance particulière dans le contexte économique et politique actuel, en particulier en ce qui concerne l’examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) à venir.

A. Sommet sur les transports transfrontaliers   

Le Sommet sur les transports transfrontaliers de 2026 s’est tenu sur deux jours. Le mercredi 21 janvier 2026, les délégués ont participé à un souper du président de la FBC. Plusieurs parties prenantes ont fait des allocutions d’ouverture, notamment David Paterson, représentant de l’Ontario à Washington. Le jeudi 22 janvier 2026, les délégués ont assisté à diverses discussions réunissant des parlementaires, des représentants de ministères fédéraux canadiens et américains, et des parties prenantes de différentes industries.

Ces discussions ont couvert de nombreux thèmes, par exemple : la sécurisation de la frontière; l’utilisation de diverses technologies pour faciliter le transport des biens et des passagers de chaque côté de la frontière; l’importance des corridors maritime; et l’examen à venir de l’ACEUM. Les discussions ont souligné que les défis liés à la gestion des frontières, au commerce et à la sécurité auxquels font face le Canada et les États-Unis sont fondamentalement des problèmes communs qui nécessitent des solutions coordonnées et pragmatiques. Voici un aperçu des commentaires de certains panélistes :

  • Kevin Brosseau, tsar du fentanyl du Canada, a noté que depuis le début de son mandat il y a un an, il a rencontré des centaines d'acteurs issus de divers secteurs, notamment des universitaires, des représentants des forces de l'ordre et des associations locales. Il a expliqué que son approche vise principalement à améliorer le partage d'informations, à renforcer la collaboration entre les différentes juridictions et à réduire la demande de fentanyl.
  • Une représentante du United States Customs and Border Protection (CBP) a discuté de l’approche des États-Unis pour contrer l’achat de biens issus du travail forcé. Elle a expliqué que le CBP utilise de plus en plus la technologie pour améliorer les saisies et la conformité. Elle a souligné le rôle important des acheteurs pour identifier l'origine complète des marchandises jusqu'à chaque maillon de la chaîne d'approvisionnement, pour ainsi combattre plus efficacement l’achat de produits issus du travail forcé.
  • Un autre représentant du CBP a souligné les importants investissements américains à la frontière, notamment le recrutement de 5000 agents des douanes supplémentaires. Tout en reconnaissant que le Canada réalise également des investissements à la frontière, il a insisté sur la nécessité de coordonner les efforts des deux pays pour qu’ils soient de portée équivalente, afin de maintenir l’alignement de leurs champs d'intérêt.
  • Une représentante de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), a abordé la question de la modernisation des voyages et des ports. Elle a avancé que l'ASFC fait progresser l'expérience numérique des voyageurs et utilise les données pour identifier plus efficacement les passagers à faible risque. Selon elle, l'harmonisation avec les États-Unis reste difficile en raison des différences entre les systèmes, ce qui rend indispensable un partage d'informations fiable.
  • Selon un panéliste travaillant en tant qu’avocat spécialisé en commerce, pour faciliter les discussions et la mise en œuvre d’ententes commerciales entre les deux pays, les responsables canadiens devraient s'appuyer davantage sur les parties prenantes et les praticiens sur le terrain. Selon lui, les personnes sur le terrain, directement impliquées dans le commerce et les opérations, sont souvent les mieux placées pour résoudre les problèmes.

B. Visite de représentants du Congrès   

La délégation a entamé sa visite avec une séance d’information à l’ambassade du Canada à Washington, afin de prendre le pouls de la situation dans la capitale américaine, tant de façon générale qu’en ce qui concerne les enjeux liés à la relation canado-américaine.

Les délégués ont ensuite tenu plusieurs rencontres tout au long de la journée, avec des représentants républicains et démocrates membres de la Section américaine du groupe interparlementaire. Ces rencontres ont porté sur divers thèmes, notamment la sécurisation de la frontière terrestre entre les deux pays, les droits de douane américains à l’importation, les irritants bilatéraux et les possibilités de collaboration dans le contexte actuel. Les membres du Congrès ont abordé plusieurs enjeux avec les délégués de la section canadienne, dont les suivants:

  • Plusieurs représentants ont formulé des commentaires positifs concernant les efforts déployés par le Canada au cours de la dernière année pour renforcer la sécurité de sa frontière terrestre avec les États-Unis. Selon eux, le passage illégal de personnes et de certains biens a diminué dans la dernière année et il ne s’agit plus d’un enjeu clé dans la relation canado-américaine.
  • Les représentants ont présenté des points de vue variés sur les droits de douane américains à l’importation, soulignant que leurs commettants sont généralement conscients de la situation seulement lorsqu’ils sont directement touchés par ces tarifs.
  • Plusieurs représentants ont noté qu’une grande part du commerce de marchandises entre les deux pays est couverte par l’ACEUM, diminuant les répercussions sur l’économie canadienne des nouveaux droits de douane américains à l’importation. Des délégués canadiens ont toutefois souligné que ces droits de douane ont tout de même un impact important sur certains secteurs de l’économie canadienne, notamment le secteur de l’acier.
  • Un représentant a souligné que beaucoup d’Américains ne réalisent pas que le Canada constitue leur principal marché d’exportation pour les voitures américaines. Il a ajouté que l’industrie automobile fait actuellement face à une forte incertitude, liée à la fois au contexte commercial et aux choix de production entre les modèles de voitures électriques ou à essence.
  • Selon un représentant, les élections de mi-mandat à venir pourraient significativement changer la situation politique. Selon lui, si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre des représentants ou même du Sénat, ceci pourrait leur permettre de tenter de restreindre certaines actions du président américain.
  • Un représentant a comparé les relations commerciales à un jeu de bascule : chaque partenaire doit fournir sa juste part pour que la relation fonctionne. Il faut, selon lui, des experts pour évaluer la balance commerciale et identifier les politiques les plus efficaces. Il a ajouté que les politiques publiques ne sont jamais parfaites : il faut donc conserver une marge de manœuvre lorsqu’on met en place de nouvelles politiques pour réajuster le tir lorsque des éléments ne fonctionnent pas adéquatement.
  • La situation actuelle entre le Canada et les États-Unis a été qualifiée par un représentant comme une tempête appelée à passer, après laquelle le soleil revient. Certains membres de la délégation ont toutefois nuancé cette image en rappelant que les tempêtes peuvent parfois laisser des dommages.

CONCLUSION

La Section canadienne du Groupe s’est encore une fois rendue à Washington à un moment critique pour la relation entre le Canada et les États-Unis. Dans un contexte d’incertitude commerciale et économique touchant les deux pays, les délégués canadiens ont rappelé aux représentants américains rencontrés l’importance de ce partenariat pour leurs économies respectives.

Cette visite a permis aux membres du Groupe de tenir des discussions franches avec des partenaires de longue date et de mettre l’accent sur les avenues de collaboration possibles. Tous ont souligné qu’en période difficile, il demeure essentiel d’entretenir des relations interpersonnelles solides et de se concentrer sur les éléments de la relation qui donnent de bons résultats. Les discussions ont réaffirmé que le Canada et les États-Unis sont à la fois des partenaires commerciaux et des alliés, et ont témoigné d’un optimisme prudent mais partagé quant à la solidité et à la pérennité de cette relation.

Dépenses de déplacement

Les dépenses de déplacement associées à cette activité se retrouvent dans le rapport financier de délégation. Ce rapport est disponible dans la section de divulgation financière du site Web de la Diplomatie parlementaire.



Respectueusement soumis,




L'hon.Michael L. MacDonald, sénateurRichard Bragdon, député
Coprésident,Coprésident,
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