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Groupe interparlementaire Canada-États-Unis

Rapport

Les 4 et 5 mars 2025, l’honorable Michael MacDonald, sénateur, et l’honorable John McKay, coprésidents de la Section canadienne du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis (le Groupe), ont dirigé une délégation à Washington pour la tenue de rencontres avec des membres du Congrès américain. Outre les coprésidents, la délégation était composée des honorables sénateurs Robert Black, Andrew Cardozo, Rodger Cuzner (vice-président) et Marty Deacon (vice-président), ainsi que des députés Vance Badawey (vice-président), Brian Masse (vice-président), Simon-Pierre Savard-Tremblay (vice-président) et Irek Kusmierczyk. La délégation était accompagnée de Lyla Malow, secrétaire, ainsi que de Marie Dumont et Robert Mason, conseillers de la Section canadienne.

OBJECTIFS DU GROUPE INTERPARLEMENTAIRE CANADA–ÉTATS-UNIS

Le Groupe vise à trouver des points de convergence dans les politiques nationales respectives, à engager le dialogue sur les points de divergence, à encourager l’échange d’informations et à promouvoir une meilleure compréhension entre les législateurs sur des questions d’intérêt commun. Les membres de la Section canadienne du Groupe rencontrent régulièrement leurs homologues fédéraux américains et participent également à des conférences avec des gouverneurs et des législateurs des États américains.

ACTIVITÉS LORS DE LA MISSION À WASHINGTON

L’objectif principal de la visite de la Section canadienne du groupe à Washington consistait à rencontrer des sénateurs américains et des membres de la Chambre des représentants. La délégation a ciblé ses efforts de sensibilisation sur les nouveaux membres du Congrès qui n’avaient pas encore établi de relations avec leurs homologues canadiens. Au cours de plus de 15 réunions, les délégués ont abordé des questions telles que les droits de douane américains à l’importation, l’importance de la sécurité énergétique pour les deux pays et les possibilités de collaboration en cette période d’incertitude. La délégation a encouragé les membres à se joindre à la Section américaine du Groupe ainsi qu’au Caucus américano-canadien sur l’économie et la sécurité, connu sous le nom de Caucus ACES.

Outre leurs rencontres avec des membres du Congrès, les participants ont assisté à une séance d’information à l’ambassade du Canada aux États-Unis, ont échangé sur l’actualité avec des journalistes de Politico, ont rencontré des représentants du Conseil commercial canado-américain et ont pris part à une table ronde au Canada Institute du Wilson Center.  

Avant leurs premières rencontres avec des membres du Congrès, la délégation a assisté à une séance d’information donnée par Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis, à l’ambassade du Canada. La réunion a eu lieu le matin même où l’administration Trump a imposé des droits de douane de 10 % sur l’énergie ou les ressources énergétiques canadiennes et de 25 % sur les autres importations en provenance du Canada. Les membres ont discuté des moyens de mettre en évidence les préjudices que ces droits de douane causent aux consommateurs, aux agriculteurs, aux fabricants et aux autres entrepreneurs américains.

RENCONTRES AVEC DES MEMBRES DU CONGRÈS

Au cours des rencontres avec des membres du Congrès, les délégués ont insisté sur les points suivants :

  • Le fléau du fentanyl touche les populations tant aux États-Unis qu’au Canada. Les données américaines montrent que plus de 21 000 livres de fentanyl ont été saisies à la frontière sud des États-Unis au cours de l’exercice 2024, tandis que 43 livres ont été saisies à la frontière nord, ce qui représente 0,2 % du total des saisies. Bien que ce chiffre global soit faible, les efforts du Canada ont permis de réduire davantage la quantité de fentanyl entrant aux États-Unis ces derniers mois.
  • En étroite collaboration avec les douanes et la protection des frontières des États-Unis, le Canada renforce continuellement la sécurité d’une frontière déjà bien protégée, notamment grâce à un investissement de 1,3 milliard de dollars canadiens annoncé en décembre 2024 – soit environ 920 millions de dollars américains – qui porte déjà ses fruits, notamment en contribuant à une réduction de 89 % des mouvements irréguliers vers le sud par rapport aux niveaux records de 2024.
  • Les industries américaines dépendent des matières premières canadiennes. Par exemple, le Canada fournit 71 % de la consommation totale de potasse aux États-Unis, un composant essentiel à la production d’engrais. Le Canada étant de loin le premier producteur mondial de potasse (suivi par la Russie, la Biélorussie et la Chine), l’imposition de droits de douane sur la potasse canadienne devrait entraîner des coûts supplémentaires pour les agriculteurs américains et faire grimper les prix des produits alimentaires.
  • Les États-Unis affichent un excédent commercial avec le Canada en matière de services, et si l’on exclut le pétrole brut, le Canada affiche un déficit commercial avec les États-Unis en matière de marchandises.
  • L’industrie automobile est fortement intégrée entre le Canada et les États-Unis. Par exemple, chaque année, le Michigan exporte pour environ 15 milliards de dollars américains de camions, de pièces automobiles et de voitures vers le Canada, tandis qu’il importe pour environ 27,7 milliards de dollars américains de voitures, de pièces automobiles et de camions en provenance du Canada[1] . L’Anderson Economic Group estime que des droits de douane de 25 % augmenteraient le coût d’un VUS de grande taille de 9 000 $US et celui d’une camionnette de 8 000 $US pour les consommateurs américains [2].

Les membres du Congrès ont abordé plusieurs questions avec les délégués canadiens, notamment les sujets suivants.

Droits de douane

Les membres du Congrès ont exprimé des points de vue variés sur les droits de douane imposés aux produits canadiens.

  • Plusieurs d’entre eux étaient parfaitement conscients des préjudices économiques que ces droits de douane causaient déjà dans leur État ou leur circonscription.
  • Parmi ceux qui ont soutenu la décision de l’administration Trump d’imposer des droits de douane, nombreux sont ceux qui ont reconnu qu’au moins certains produits canadiens sont essentiels aux chaînes d’approvisionnement américaines.
  • Certains membres ont exprimé leur soutien aux objectifs déclarés des droits de douane – assurer la sécurité aux frontières et réduire la quantité de fentanyl entrant aux États-Unis – mais se sont dit préoccupés par les dommages économiques à long terme que ces droits de douane pourraient causer.
  • Plusieurs membres ont fait part de leur opposition sans équivoque à ces droits de douane, soulignant que les États-Unis ne devraient pas imposer de mesures économiques punitives à leurs alliés.

La sénatrice Klobuchar a informé la délégation de son projet de loi (en collaboration avec les sénateurs Kaine et Warner), annoncé plus tard dans la journée, qui, s’il était adopté, annulerait ces droits de douane.

Sécurité énergétique et minéraux critiques

Les membres ont discuté de l’importance de la sécurité énergétique et des minéraux critiques pour les États-Unis.

  • Un membre a exprimé son soutien au projet canadien de canalisation 4 d’Enbridge, qui transporte du pétrole brut dans la région des Grands Lacs. Il a suggéré que le Canada construise un pipeline reliant l’ouest à l’est du pays.
  • Plusieurs membres ont exprimé leur souhait que le Canada devienne une source de minéraux critiques pour les États-Unis.
  • Les membres des deux partis ont noté que les droits de douane sur la potasse, un minéral critique, entraîneraient des répercussions négatives sur le secteur agricole américain.

La frontière canado-américaine

Plusieurs membres du Congrès étaient au courant des efforts récents du Canada visant à renforcer la sécurité frontalière et à lutter contre le trafic de fentanyl.

  • De nombreux représentants ont convenu que la frontière entre le Canada et les États-Unis ne constituait qu’une source infime de trafic de fentanyl et d’immigration clandestine par rapport à la frontière sud des États-Unis.

Remarques générales

Outre les commentaires des membres mentionnés ci-dessus, quelques remarques générales ont été formulées à l’intention de la délégation.

  • Un membre a expliqué que « America First » signifie penser d’abord aux électeurs de sa circonscription, avant les habitants d’autres pays ou États.
  • Certains nouveaux membres ont exprimé leur déception face à certaines constatations depuis leur entrée à la Chambre des représentants, notamment le fait que le bipartisme soit si rare et que la quantité de désinformation diffusée par les législateurs soit « stupéfiante ».
  • Plusieurs membres ont estimé que le démantèlement par l’administration Trump des initiatives en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion serait globalement préjudiciable.
  • Un membre a souligné que le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) aurait une incidence négative disproportionnée sur les anciens combattants, étant donné qu’ils représentent 30 % de la fonction publique fédérale.
  • Un nouveau membre a fait remarquer que, depuis le début de son mandat, il n’avait toujours pas voté sur un seul projet de loi abordant la question du coût de la vie pour les Américains.
  • Certains membres ont comparé les relations actuelles entre le Canada et les États-Unis à une dispute familiale. Alors que les deux pays s’efforcent de résoudre leurs problèmes commerciaux actuels, un membre a exprimé l’espoir que les dommages économiques seraient limités.

RENCONTRE AVEC LE CONSEIL DES AFFAIRES CANADO-AMÉRICAIN

La Section canadienne du Groupe a rencontré le Conseil d’affaires canado-américain afin de comprendre les enjeux importants pour le milieu des affaires. Les points abordés comprenaient notamment :

  • L’importance de renforcer la résilience économique du Canada face à la contraction économique attendue découlant des droits de douane.
  • Les secteurs de l’élevage bovin et porcin seront touchés par ces droits de douane, étant donné que ces animaux et les produits qui en sont dérivés traversent fréquemment la frontière à différentes étapes de la production.
  • Il est essentiel d’améliorer la cohérence réglementaire entre le Canada et les États-Unis.
  • WestJet – une compagnie canadienne qui est un acheteur majeur d’avions Boeing, fabriqués aux États-Unis – a constaté des changements immédiats dans les habitudes de voyage, avec une baisse d’environ 25 à 30 % des voyages de Canadiens vers les États-Unis.
  • La forte intégration de l’industrie automobile nord-américaine, y compris la contribution du Canada à la relance économique du secteur automobile en 2008-2009.
  • Les répercussions à court et à long terme des droits de douane sur les entreprises et les investissements canadiens et américains.

TABLE RONDE AU CANADA INSTITUTE DU WILSON CENTER

Le 5 mars 2025, la délégation a participé à une table ronde publique organisée par le Wilson Center, intitulée « Between Two Hills: Canada–US Perspectives in Ottawa and Washington » (Entre deux collines : perspectives canado-américaines à Ottawa et à Washington). L’événement, animé par Chris Sands, a débuté par une discussion entre les coprésidents du Groupe : pour les États-Unis, l’honorable Amy Klobuchar et l’honorable Bill Huizenga; pour le Canada, l’honorable sénateur Michael MacDonald et l’honorable John McKay. L’événement s’est ensuite poursuivi par une table ronde avec le reste de la délégation.

La conversation a porté sur des questions liées à la sécurité économique, à la gestion des frontières et à la défense continentale, notamment à la lumière des droits de douane récemment mis en place, pour lesquels des exceptions commençaient à apparaître en temps réel. 

Les délégués canadiens ont décrit sans détour un réajustement significatif dans les relations entre le Canada et les États-Unis, certains remettant en question la bonne foi des États-Unis dans la négociation de futurs accords commerciaux.

La conversation a porté sur des questions liées à la sécurité économique, à la gestion des frontières et à la défense continentale, notamment à la lumière des droits de douane récemment mis en place, pour lesquels des exceptions commençaient à apparaître en temps réel. 

Les délégués canadiens ont décrit sans détour un réajustement significatif dans les relations entre le Canada et les États-Unis, certains remettant en question la bonne foi des États-Unis dans la négociation de futurs accords commerciaux.

CONCLUSION

La Section canadienne du Groupe s’est rendue à Washington à un moment critique pour les relations entre le Canada et les États-Unis. Les délégués ont informé et rappelé aux membres du Congrès américain l’importance économique de cette relation à un moment où les deux pays se heurtent à des incertitudes commerciales et économiques. Comme cela a été souligné lors de la table ronde organisée au Canada Institute du Wilson Center, en pleine crise, ce n’est pas le moment de construire une relation, c’est le moment de s’appuyer sur une relation.

Dépenses de déplacement

Les dépenses de déplacement associées à cette activité se retrouvent dans le rapport financier de délégation. Ce rapport est disponible dans la section de divulgation financière du site Web de la Diplomatie parlementaire.



Respectueusement soumis,




L’honorable Michael L. MacDonald, sénateur,Richard Bragdon, député,
Coprésident, Coprésident,
Groupe interparlementaire Canada-États-UnisGroupe interparlementaire Canada-États-Unis


[2] « Trump’s Tariffs Will Punish Michigan », Éditorial, Wall Street Journal, 25 février 2025.